Cape Freels
Cape Freels
Non, il n'y a pas vraiment de cap à Cape Freels; c'est même très plat. À Cape Freels, et encore plus à Newtown, j'ai vraiment eu l'impression d'être dans des coins perdus du Labrador. Pas un son ou presque; un froid crispé, une motoneige lointaine, un enfant qui parle, des chiens qui aboient, le ciel dégagé et rosé par le soleil glissé sous l'horizon.
J'avais voulu me dépêcher pour arriver à Cape Freels avant le coucher du soleil, mais mon empressement à faire un "u-turn" m'a envoyé dans un fossé dissimulé sous une couche de neige accumulée par le vent. Comme lors de l'incident semblable survenu quelques jours plus tôt, une petite armée de sympathiques sauveurs est apparue en moins de cinq minutes, mais ceux-ci en ont profité pour bien rigoler à mes dépends, surtout en regard de la très longue route droite et dégagée en bordure de laquelle j'avais enlisé la voiture...
À Newtown, malgré la tombée de la nuit, j'ai décidé de me rendre jusqu'à St. John's, une bagatelle d'environ 400 km... En chemin, je me suis arrêté à Hare Bay, où ils vendent le Pepsi dans des bouteilles identiques aux bouteilles de bière.
À 40 km de St. John's, en pleine noirceur, un gros orignal a décidé de traverser la route devant mon bolide qui arrivait à 120 km/h. J'ai eu bien envie de klaxonner, comme s'il s'agissait d'un chauffard ayant fait une manoeuvre répréhensible... Pauvre "petite" bête, elle était probablement déjà effrayée, alors j'ai réprimé ma tentation! Quoiqu'il en soit, entrer en collision avec une telle pièce à cette vitesse aurait fort bien pu m'être fatal.
Quelques minutes plus tard, enfin arrivé à St. John's, l'odomètre indiquait que j'avais déjà parcouru 3 620 km depuis mon départ de Québec.
