Bâtiment

Bâtiment

Bâtiment

Un bâtiment communautaire, à Champassak.

La route 13 est la meilleure du pays, mais le tronçon allant de Paksé à Champassak est déplorable du point de vue d'un cycliste. Les endroits agréables où s'arrêter s'y font rares et le paysage n'est que désolation, particulièrement en cette saison sèche. La chaussée est rugueuse, faite de micro-cahots qui, s'ils sont sans effet sur les automobilistes, transforment les poignets du cycliste en compote à force de vibrations.

En outre, la voie est empruntée par des camions et camions-bus bruyants et incroyablement puants; longtemps après le passage d'un tel monstre, il flotte encore un sinistre nuage noir au-dessus de la route, qui persiste malgré le vent... Un vent qui pourtant charrie son lot du poussière, au point où le pauvre cycliste se retrouve rapidement avec un nez bouché et une gorge sèche au goût de sable. Un vent qui, de surcroît, vient de face et freine les descentes, privant le misérable forcené du dernier plaisir qu'il pourrait encore éprouver sur un vélo!

En général, les passagers d'un bus qui me dépasse se moquent gentiment du pitoyable cycliste gravissant laborieusement une pente par une chaleur étouffante, atteignant à peine les 10 km/h, vent de face, respirant la poussière et la fumée noire. Mais un bref épisode me fit sourire à mon tour: croiser l'un de ces infâmes camions-bus... en panne! Alors que je contournais sans hâte le véhicule immobilisé que son conducteur tentait désespérément de réparer, un passager et moi avons échangé des sourires qui valaient bien mille mots sur l'ironie de la situation! Cette fois le sort m'apportait une douce revanche! :-)