Rizière
Rizière
Défiant la désolation habituelle de la saison sèche, cette rizière de Champassak est bien irriguée par les eaux du Mekong.
À Champassak, en fin de journée, dans un moment de fatigue et de lassitude comme on peut en vivre lors d'un long voyage, j'errais dans les rues en rêvant d'une crème glacée...
Arrivé à l'extrémité nord de la bourgade, la curiosité m'a plutôt emporté sur un petit chemin de terre qui me conduisit au coeur d'une rizière féerique, bien irriguée, tel qu'on en voit peu en cette saison sèche. Une rizière de ce beau vert tendre et puissant de sérénité qui fait aimer les rizières. À l'ouest, le soleil se couchait derrière les montagnes bleuies, qui quelques instants plus tard allaient se fondre avec le ciel. Partout des libellules virevoletaient, parfois pareussement, parfois en prenant soudainement la poudre d'escampette. Le gazouillement de petits oiseaux et le sifflement d'insectes, véritables rythmes de vie, remplaçaient ici le silence de mort des rizières ailleurs asséchées.
Sur le chemin de terre rougâtre bordé de clôtures tordues, vinrent des enfants qui poussaient une charette chargée de melons d'eau. Une femme souriante prenait place, comme une reine, dans une seconde charette poussée par l'un de ses fils. Au passage, ils tranchèrent spontanément un melon et, sans rien demander, m'en offrirent un généreux quartier. Tout autant que ce geste bon et désintéressé, l'intérieur jaune du savoureux fruit, si éclatant et si vif, ne pouvait que réjouir l'âme. Cela valait bien mille crèmes glacées!
