Salle de classe

Salle de classe

Salle de classe

Dans cette salle de classe du Vat Luang, à Paksé, c'est désormais du vocabulaire anglais qu'on trouve inscrit au tableau. Les jeunes Laotiens, même moines bouddhistes, font de l'apprentissage de l'anglais une obsession.

Après quelques heures d'attente aux douanes laotiennes — celles-ci étaient plus ou moins fermées pour cause d'élections nationales... selon qu'on accepte ou non de payer des « frais pour temps supplémentaire » — je pouvais enfin enfourcher mon vélo et filer vers Paksé! Cette capitale provinciale étant tout de même située 43 km plus loin, l'heure tardive ne me laissait plus autant le temps de flâner et d'apprécier gentiment le paysage, mais en revanche la chaleur se faisait maintenant moins intense. Allant par collines et plaines dénudées, le trajet se révéla facile par cette route bien pavée et presque désertée en cette journée de devoir national. Seuls la fréquentaient quelques piétons et cyclistes circulant dans leurs villages.

Alors que je traversais l'un de ces petits patelins, des enfants comiques à vélo se mirent à faire la course avec moi. L'un d'eux, probablement âgé d'une douzaine d'années, réussit même à me doubler à près de 30 km/h avec son vélo déglingué, alors qu'il transportait l'un de ses camarades tout sourire! Leur innocence joyeuse n'avait rien à voir avec ce village rural de Thaïlande, à l'est d'Ubon Ratchathani, où un ado bizarre qui m'avait pareillement rattrapé à vélo n'avait trouvé qu'un seul mot à déclarer en anglais: « penis »!

Les habitants de Paksé connaissent des petits bouts de français tels que « bonjour monsieur », « merci beaucoup », qu'ils prononcent parfaitement bien. Mais tous ne parlent pas le français pour autant. Seuls le parlent les Laotiens plus âgés ayant reçu une bonne éducation. Et ceux-ci, d'ailleurs, le parlent souvent si bien qu'on peut aisément mesurer toute l'emprise qu'avait la France sur l'éducation à l'époque coloniale!