Je suis un grand fan du National Geographic et de ses photographes. À l'heure où le métier de photojournaliste est en crise, où la télévision, l'imprimé et le web convergent dans l'utilisation de la vidéo et de l'arrêt sur image, où l'image amateure et aléatoire occupe une place grandissante dans tous les médias, le National Geographic démontre encore, mois après mois, la pertinence de la photographie et la puissance du travail de photographes et d'éditeurs professionnels pleinement engagés dans leur démarche. Et par là, je ne cherche aucunement à dénigrer le travail des «semi-professionnels» et amateurs — j'en suis un! Et il ne s'agit pas non plus d'être atterré par la révolution numérique — celle-ci rend possible le développement de talents photographiques en nombre plus prodigieux que jamais dans l'histoire de la photographie, une histoire qui, d'ailleurs, depuis ses débuts où il fallait être chimiste avant d'être photographe, a toujours inéluctablement couru vers une plus grande accessibilité.
Simplement, le monde a aussi besoin de reporters à temps plein, de gens rénumérés convenablement pour observer, analyser, critiquer par l'image. La santé de nos sociétés et de la planète en dépend!
Bref, je suis un grand fan du National Geographic et je viens de diverger un peu de mon sujet initial: J'ai récemment découvert un blogue fort intéressant où un photographe de la prestigieuse institution (et aussi membre de Magnum) nous offre d'entrer un peu dans son univers. Le blogue de David Alan Harvey, road trips, est à lire! Avec ses questionnements et ses doutes, notamment, il nous rassure en quelque sorte sur nos propres questionnements et doutes. Le questionnement n'est-il pas le fondement de bien des oeuvres artistiques? Peut-être est-il inhérent à la pratique de la photographie? En tout cas, au lu des réflexions de ce photographe et au vu de son superbe travail, on constate une fois de plus que l'instabilité est un prélude à la création!
