Billet
Billet
Extrait d'un billet d'accès au parc historique de Muang Sing.
Premier voyage à vélo en Asie... C'est qu'à Prachuap Khiri Khan, après avoir goûté à la liberté que m'avait procuré un vélo emprunté, j'ai décidé d'en acquérir un à mon retour à Bangkok. J'ai tout de même eu besoin de plusieurs jours pour me décider définitivement, et ensuite pour trouver le vélo idéal. Mon voyage en Thaïlande a alors pris une tournure que je n'avais pas prévue au départ!
Il y a bien à Bangkok quelques dispendieuses boutiques de vélos "professionnels", comme ProBike (237/1 Soi Sarasin, près de Lumphini Park), mais j'ai trouvé la perle pas trop chère sur la rue Luang (Ngee Hong, 428 Th Luang), juste au nord de Chinatown, où se trouvent plusieurs boutiques. Avec un certain effort, il y a moyen d'y trouver ce qu'on cherche, entre les vélos pour enfants et les vélos bon marché "made in China". Une fois qu'on a trouvé, il faut négocier serré le prix de chaque composante et accessoire...
Le jour du grand départ, le premier coup de pédale donné en direction de la gare de Thonburi (parfois appelée Bangkok Noi), j'ai commencé à me sentir un peu fou de me lancer dans cette aventure...
Le soir précédent, j'avais repéré à vélo le chemin pour me rendre à cette gare. Ce fut une expérience spéciale que de se perdre dans le dédale de ruelles étroites de Thonburi, bordées de canaux d'eau stagnante. La lampe halogène installée sur le vélo y fut fort utile. En plus de me permettre de voir quelque chose dans les ruelles peu éclairées, la lampe prévenait les rares passants de mon approche, plutôt que de les surprendre — car on ne s'attend pas à voir surgir un silencieux vélo là où, d'habitude, on entend de loin venir des motos.
Si on n'est pas effrayé à l'idée de s'y perdre, il est plutôt agréable de rouler dans Thonburi, puisque la plupart des ruelles sont trop étroites pour permettre le passage des voitures.
L'itinéraire vers la gare comprenait deux embûches notables: deux ponts pas très sympathiques pour les cyclistes. Car si on veut éviter de risquer sa vie sur ces ponts entre voitures, motos, autobus, camions et autres véhicules plus étranges, il faut prendre le vélo à l'épaule et grimper les escaliers piétonniers. Un bon exercice, avec des bagages sur le vélo...
Après le pont Phra Pin Klao, il faut prendre à gauche en direction du Musée des Barges royales. Après le musée, les ruelles rétrécissent et prennent des allures de labyrinthe. Leur étroitesse ne permet même pas le passage à la fois d'un chien et d'un cycliste, alors les chiens errants se sauvent en avant et se réfugient dans le premier trou venu, afin de laisser passer le cycliste. Quand une moto arrivait derrière moi, je me dirigeais à mon tour dans le premier trou venu. Comme ailleurs à Bangkok, le plus gros véhicule a toujours priorité...
En se perdant gentiment dans les ruelles, après avoir croisé ainsi quelques chiens et quelques motos, on finit par tomber sur la rue Arun Amarin et le second pont anti-cyclistes, après lequel il ne reste que quelques centaines de mètres jusqu'à la gare, située au-delà d'un marché.
