Wagons

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Wagons

Des wagons paraissant abandonnés, sur une voie d'évitement à l'approche de Kanchanaburi.

Le voyage vers Kanchanaburi fut fort agréable, le train peu achalandé. Durant les deux heures trente du trajet, je n'ai pas ressenti la dureté du bois des banquettes de 3e classe, trop occupé que j'étais à admirer les paysages par ces grandes fenêtres ouvertes typiques des trains thaïs.

Les joviaux employés du train se sont bien occupés du vélo, qui fut solidement attaché dans le compartiment réservé aux bagages de grande taille. Durant le trajet, j'ai pu à mon gré aller vérifier que tout s'y passait bien.

Pour entreposer quelque chose dans le compartiment à bagages, il suffit d'acheter un billet spécial dont le prix est fonction du poids du bagage. Arrivé à destination, on doit aussi présenter ce billet pour retirer notre bagage. Au début, je m'inquiétais pour mon vélo à chaque arrêt du train, mais ce système, et surtout les employés, semblent fiables. Durant mon séjour en Thaïlande, je n'ai rencontré aucun problème sur les dizaines d'occasions où j'ai amené le vélo à bord d'un train. D'ailleurs on y transporte de tout, même des téléviseurs et des motos.

Descendre à la gare pourvu d'un vélo est une expérience des plus plaisantes. On peut facilement explorer la ville inconnue dans laquelle on vient d'arriver, visiter différentes auberges, tout en transportant nos bagages avec la plus grande facilité. En outre, on ne risque pas de se faire escroquer par un conducteur de tuk-tuk nous amenant à fort prix à un endroit qui aurait été facilement accessible à pied! Bien sûr, on risque aussi de ne pas trouver rapidement les endroits qu'on cherche, et même de s'égarer! Toutefois, il est nettement plus facile de s'orienter lorsqu'on se déplace soi-même que lorsqu'on se fait pratiquement téléporter à quelque part.

Kanchanaburi est une importante destination touristique et je suis rapidement tombé sur quelques "attractions" populaires de la ville. D'abord les discos flottantes, sur la rivière Kwaï, des barges tirées par des remorqueurs bruyants et à bord desquelles des farangs (occidentaux) gigotent comme des singes sur de la musique pourrie et trop forte. Puis, ensuite, les non moins bruyants bateaux "à longue queue", filant à toute vitesse sur la rivière avec leurs cargaisons de touristes qui n'ont ni le temps de voir quoi que ce soit, ni la chance d'entendre autre chose que le moteur pétaradant. Et, enfin, une triste alternance de bars et d'auberges sur une rue longeant la rivière.

J'ai trouvé une place pour la nuit dans un quartier regorgeant d'auberges mais qui était heureusement éloigné de la rue des bars. J'y habitais une hutte de bambou éloignée de la rivière et de ses discos nocturnes. Les maisons flottantes, habituellement préférées par les visiteurs, sont si grandes et stables qu'une fois à l'intérieur on y perd sans doute toute notion d'être sur l'eau...

Le soir, je me suis perdu et reperdu, à vélo dans la ville, où j'ai trouvé le marché nocturne. J'ai beaucoup apprécié cet endroit authentique, sympathique, vivant, grouillant d'activité. Être là était le seul divertissement, si simple, dont j'avais besoin!