Flanc de montagne

Flanc de montagne

Flanc de montagne

Parc national du Phu Reua.

Une randonnée pédestre dans la forêt du Phu Reua fut marquée par l'expérience peu rassurante d'entendre des coups de feu tout près, puis de croiser le chasseur sur le sentier (dans un parc national!). Dans un tel cas, il faut toujours espérer que le chasseur sait où il tire, ce dont je doutais, ayant moi-même repéré l'homme bien avant que lui ne me voie. Au passage, je lui ai demandé s'il était seul (cette question, on apprend vite à la formuler en thaï, puisqu'on se la fait poser continuellement!). Par bonheur, il était seul, alors je saurais au moins d'où le danger viendrait, jusqu'à ce que je sois loin du secteur...

Sur un tronçon plus paisible du sentier, entre des bouquets d'herbes hautes, j'ai aperçu à deux reprises ce que le chasseur aurait sûrement aimé voir: des spécimens d'une sorte de poule des bois, qui restaient figées sur place en ma présence, mais qui décollaient en battements d'ailes bruyants lorsque je m'approchais un peu trop. Leur plumage se fondait à merveille dans l'environnement et je ne serais pas étonné d'avoir marché tout près d'autres poules du genre sans même les voir!

Équipé d'une carte des sentiers très approximative et sans repères (reçue au poste d'acceuil du parc), me fiant à quelques indications le long des sentiers ou, aux intersections non identifiées, à mon instinct, et interrogeant même un homme qui gardait quelque bétail, j'ai vainement cherché l'introuvable belvédère du Phu Ku d'où la vue devait être jolie. Après quelques heures sur différentes pistes, j'ai fini par rebrousser chemin et me rendre au sommet du Phu Reua, où la visibilité était légèrement meilleure que la veille.

Même si j'aime marcher en forêt, la forêt du Phu Reua ne m'a pas beaucoup ému. Une grande partie du parc n'est en fait qu'une vulgaire plantation. Heureusement, il y avait les oiseaux. Près de la falaise de Ya Phai, des oiseaux aux allures d'hirondelles glissaient dans le ciel comme des rapaces, si rapides qu'ils faisaient siffler le vent! Lorsqu'ils passaient au-dessus de ma tête, le temps de lever les yeux ils avaient déjà disparu au loin.