Poste à essence
Poste à essence
Un poste à essence, près de Dan Sai.
« Amazing Thailand », comme ils disent par ici. J'ai mangé de la chenille!
Bien sûr, ce n'était pas mon idée. En route pour Lom Sak, je me suis arrêté à une sorte de restaurant où les hôtes m'ont offert cette délicatesse. Ils en avaient un grand plat déjà prêt à déguster! Lorsqu'on hésite à manger quelque chose, il suffit de se dire que si les Thaïs aiment ça, c'est que c'est bon!
Les petites chenilles blanches longues d'environ 3 cm étaient grillées juste à point, légèrement croustillantes, les plus dodues étant encore tendres à l'intérieur... Sans doute appuyé par l'assaisonnement, le petit goût salé n'était pas mauvais du tout!
Arrivé à Lom Sak, après avoir deux fois fait le tour de la ville à la recherche d'un logis pour la nuit sans trouver autre chose qu'un méga-hôtel-super-luxe, un gentil monsieur (à qui j'ai demandé de l'aide pour un hébergement moins dispendieux) m'a guidé jusqu'à la réception d'une sorte de motel vieillot bien caché sur une rue étroite, à l'ombre du méga-hôtel. La triste chambre n'avait vraiment rien pour donner envie de rester bien longtemps contrairement à la réceptionniste... Quel large décolleté et quelle jupe courte! Il devait se passer des choses au-delà de l'hôtellerie dans cet établissement!
Même si Lom Sak ne m'a pas séduit au premier abord, le soir les principales artères étaient animées comme je les aime, bordées de vendeurs de bouffe de toute sorte. En guise de dessert, je me suis gavé de tokyo, sortes de crêpes minuscules qu'on enroule autour d'une substance gélatineuse sucrée, puis de beignets de farine frits accompagnés de lait de soya chaud. On s'inquiète guère de tout ce gras quand on fait du vélo à tous les jours! Quand je suis retourné au motel après ces dégustations, une autre réceptionniste de charme avait remplacé la première.
Après une courte sieste, je suis retourné me balader en ville. Près du marché, la foule s'était rassemblée pour assister à une projection de film en plein air, un film avec Jackie Chan doublé en thaï, l'un de ces films made in Hong Kong qu'on ne voit jamais en Amérique! Pendant un bon moment j'ai regardé le film, surtout que la partie intéressante des films de Jackie Chan est compréhensible peu importe la langue! Mais plus intéressante encore que le film était l'atmosphère, la foule captivée, le projectionniste installé à l'arrière de sa camionnette, le long délais à la fin de chaque bobine de pellicule poussiéreuse le temps d'installer la suivante. Les spectateurs des premières rangées étaient assis directement sur la rue, les suivants se tenaient debouts et les derniers restaient immobiles sur leurs vélos ou leurs motos. Le public était varié, avec quelques mémés parfois choquées par tant de violence à l'écran, et beaucoup de jeunes filles vraiment, ouf, très jolies!
Au retour du cinoche, les clients du motel étaient cette fois accueillis par les deux réceptionnistes sexy. L'heure de pointe, sans doute! Ce genre de service doit sûrement marcher très bien; le voyageur esseulé qui passe là est confronté à ces beautés sublimes à deux pas de sa chambre! Un coin de rue plus loin, il y avait aussi un bar à karaoké où on pouvait, par les grandes fenêtres, apercevoir des filles très légèrement vêtues chantant sur une scène. Les pauvres filles faisaient pitié à voir, costumées en véritables parodies de prostituées et maquillées de manière plus clownesque que séduisante.
Drôle de ville — un peu dévergondée, en fin de compte. D'ailleurs, chose plutôt rare en Thaïlande, il n'y avait aucun temple en vue près du centre de la ville, où j'ai néanmoins croisé des moines flânant à une heure assez tardive. Après le long carême bouddhique qui venait de se terminer, sans doute avaient-ils besoin de zieuter un peu la faune nocturne. De toute manière, j'ai pu comprendre depuis un moment que le moine n'est pas toujours la référence en matière de moralité. La vie monastique est une sorte d'excès qui, de toute évidence, ne convient pas à tous.
