Éclairage glauque

Éclairage glauque

Éclairage glauque

Le tube fluorescent éclairant ma chambre.

Au coucher du soleil, le train finit par s'immobiliser à Phetchaburi. Je fus aussitôt rassuré, car il y avait là des maisons, une gare digne de ce nom, et l'endroit ressemblait moins à une bidonville que la moyenne des arrêts précédents (il faut dire que, dans les villes, les abords de la voie ferrée semblent souvent être parmi les plus négligés).

Outre moi-même, peu de gens descendirent à Phetchaburi. Je me frayai un chemin à travers les vendeurs qui montaient dans le train, puis m'asseyai sur un banc du quai. Lorsque le train se remit en branle, j'observai les vendeurs encore chargés de marchandises descendre du train en marche...

J'essayai de mémoriser le nom d'un petit pont voisin d'une pension mentionnée dans mon Lonely Planet, de même que le trajet pour s'y rendre, puis je me presentai de l'autre côté de la gare, où plusieurs moto-taxis et songthaews (camionnettes disposant à l'arrière de deux rangées de bancs et pourvues d'un petit toit de tôle) attendaient des clients.

Le premier conducteur de moto-taxi se découragea rapidement après n'avoir rien compris de mon "saphaan chomrut" (pont Chomrut), mais le conducteur d'un songthaew m'interpella, avec un "ami" à lui qui parlait un peu l'anglais. C'est avec eux que je me rendis compte que j'avais plus tôt oublié de convertir mon "r" en "l" – prononcer "tchomlout"!

Après avoir gentiment négocié le prix de la course à 20 baht (au lieu des 40 initialement demandés), on partit sans plus attendre. J'étais le seul passager du pickup. Après avoir franchi un pont et roulé dans un dédale de ruelles étroites ayant l'air d'impasses, je m'inquiétai un peu, car je n'avais prévu franchir aucun pont sur l'itinéraire, hormis celui qui était ma destination... Où m'amenait-il, ce salopard?

Finalement, il s'arrêta à une intersection où se trouvaient plusieurs vendeurs de rue, et je descendis. Le conducteur me montra du doigt un pont, juste à côté. Je payai les 20 baht, sans avoir la certitude d'être au bon endroit, puis je me retrouvai là, à la tombée de la nuit, seul avec mes bagages...

Un vendeur de rue m'indiqua une bâtisse non loin, identifiée uniquement par des affiches en thaï. Arrivé devant un rez-de-chaussée illuminé, une autre personne me fit signe d'aller plus loin... Deux devantures plus loin, j'en étais au dernier bâtiment avant le pont. Là aussi, tout était écrit en thaï, mais une femme me sourit et se mit à fouiller dans un paquet de clefs. J'étais donc bien arrivé à un genre d'hôtel!

Aussitôt dans ma chambre, j'en concluai qu'il ne s'agissait pas de l'endroit recherché car, contrairement à ce qu'indiquait mon Lonely Planet, on ne pouvait décrire cette chambre comme "douillette"! J'avais bien demandé à la tenancière si j'étais au bon endroit, elle avait évidemment répondu oui, puisque soit elle ne comprenait rien à ma question (ce qui vaut toujours un "oui"), soit elle voulait évidemment me garder comme client...