Billet de train
Billet de train
Extrait d'un billet de train.
Au matin, la gare de Phetchaburi était bondée. Sur le quai, une vieille dame d'au moins 30 ans mon aînée m'offrit sa place sur un banc et j'ai dû insister pour le refuser... Il s'avéra qu'elle et son mari allaient aussi à Hua Hin et ils me prirent sous leur "protection", même s'ils ne parlaient pas l'anglais.
Lorsque nous sommes montés à bord, le train de 3e classe était déjà surchargé. Des jeunes ont laissé leur banquette au couple âgé, qui à son tour m'y fit une petite place, coïncée entre les deux tourtereaux. J'étais un peu embarrassé, puisque les jeunes qui avaient occupé ce banc se tenaient maintenant debout...
L'espace était restreint, mais le trajet pour Hua Hin ne dura que 75 minutes. Dès l'arrivée, j'ai pu constater une grande différence par rapport à Phetchaburi. Gare plus élégante, présence de nombreux occidentaux. Même les rues semblaient plus proprettes.
Tout en cherchant un endroit pour la nuit, j'ai marché en ville, histoire de voir un peu l'allure de l'endroit. Plus commercial. En fait, Phetchaburi était aussi très commerciale; partout ça grouillait de marchandage. Mais à Hua Hin, il y a beaucoup plus de commerces de bebelles inutiles à l'occidentale. Et des restos italiens, français...
J'ai choisi une pension que le Lonely Planet décrivait comme "amicale", mais ce qu'on voyait en arrivant là, c'était le pub du rez-de-chaussée, avec ses gros messieurs accotés au bar, le patron débarquant avec ses gros sacs de golf, pendant que jouaient, coup sur coup, les chansons "American Pie" et "Born in the USA". J'appris plus tard que le patron n'était pas Américain, mais Canadien, de la Saskatchewan.
Ma chambre était impeccablement propre, mais je m'ennuyais déjà de l'hôtel miteux, bruyant et plein de geckos de Phetchaburi.
En fait, je dirais qu'il faut se méfier des villes au sujet desquelles les guides touristiques présentent une section "divertissement". "Divertissement" semble le plus souvent synonyme de "bar", "pub", ou autres conneries pour touristes, où on ne retrouve pratiquement aucun élément de la culture locale.
Alors qu'en débarquant à Phetchaburi je m'étais demandé: "dans quoi je me suis embarqué?", à Hua Hin, ma première réaction fut tout simplement: "beurk". J'ai malgré tout décidé de laisser une petite chance à Hua Hin de se faire apprécier, en y séjournant plus d'une journée. Et puis il n'est pas toujours désagréable de se tremper les pieds sur une plage au bord de la mer!
